Salle de bain aveugle

Salle de bain sans fenêtre en Espagne : tout dépend de l’air qui entre

Dans une salle de bain aveugle, l’extracteur n’est pas le dispositif principal : il est le seul. Il ne peut sortir que l’air qu’on laisse entrer, et cette entrée se réduit au jeu sous la porte ou à une grille de transit. Comme la pièce n’a presque pas de surface froide, elle ne se tache pas quand plus rien ne fonctionne : elle envoie sa vapeur ailleurs.

Dernière révision: Contenu informatif. Il ne remplace ni une inspection technique sur place ni une étude signée par un professionnel compétent.

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Salle de bain intérieure sans fenêtre, porte entrouverte et bouche d’extraction au plafond.
Dans une pièce aveugle, le jeu sous la porte est en général la seule entrée d’air disponible. S’il disparaît, le ventilateur continue de tourner mais l’air ne sort plus. Un extracteur ne fonctionne que si l’air de compensation peut entrer sous la porte. Fonctionne Salle de bain Détalonnage Extracteur Porte étanche Salle de bain N’extrait presque rien
Dans une pièce aveugle, le jeu sous la porte est en général la seule entrée d’air disponible. S’il disparaît, le ventilateur continue de tourner mais l’air ne sort plus.
  • Air extérieur et surfaces froides
  • Air intérieur, chaud et humide

Commencez par le test de la porte

Extracteur en marche, fermez complètement la porte et écoutez. Si le son du ventilateur monte d’un cran et que le souffle d’air disparaît, l’appareil tourne contre une pièce close : il n’extrait presque plus rien. Entrouvrez-la de la largeur d’une main, le souffle revient. La main le sent aussi : quand le passage est libre, la porte résiste légèrement au moment de la refermer.

Dans la foulée, plaquez une feuille de papier fin contre la bouche d’extraction. Si elle tient porte ouverte et tombe porte fermée, le passage d’air de remplacement mérite d’être vérifié en premier. Ce contrôle reste qualitatif : il ne mesure pas le débit et n’exclut pas un problème de gaine ou de pression.

Un extracteur ne fabrique pas d’air. Pour chaque volume qu’il envoie dans le conduit, le même volume doit entrer par ailleurs : c’est l’air de compensation. Dans une salle de bain aveugle — sans aucun ouvrant sur l’extérieur — cet « ailleurs » se limite à la porte.

Une pièce aveugle change la nature du problème

Une salle de bain pourvue d’une fenêtre dispose de deux voies indépendantes. L’extracteur tombe en panne, on ouvre la fenêtre, l’affaire se réduit à un désagrément. Une pièce aveugle n’en a qu’une, et cette voie unique est une chaîne de trois conditions qui doivent être remplies en même temps : que l’air puisse entrer, que le ventilateur fonctionne, que le conduit débouche réellement dehors. Trois maillons en série : c’est le plus faible qui décide du résultat.

Le modèle est celui du Código Técnico de la Edificación, document de base HS 3, « Calidad del aire interior » : l’air neuf est admis dans les pièces sèches — chambres, séjour — traverse le logement par les circulations, puis est extrait des pièces humides avant d’être rejeté à l’extérieur. Le guide d’application du Col·legi d’Arquitectes de Catalunya et la documentation de la Generalitat sur la ventilation mécanique contrôlée décrivent le même parcours. Dans une salle de bain avec fenêtre, ce parcours est le dispositif prévu et la fenêtre est la marge ; dans une pièce aveugle, il est tout le dispositif, et il n’y a pas de marge.

La seconde différence est plus sournoise : la défaillance ne fait aucun bruit. Aucun voyant ne s’éteint quand la pièce perd la moitié de son extraction. Elle met simplement un peu plus de temps à sécher chaque année, l’odeur s’attarde un peu plus, les serviettes restent un peu plus humides — une dégradation à laquelle le logement s’habitue.

Enclavée au cœur du plan et entourée de pièces chauffées, une salle de bain aveugle n’offre presque aucune surface assez froide pour que la vapeur s’y dépose. Cela ressemble à une bonne nouvelle et n’en est pas une : la pièce reste propre même lorsque son renouvellement d’air est nul, et l’absence de traces ne prouve donc rien. La vapeur, elle, ne disparaît pas. Elle passe la porte et va condenser sur la première surface froide disponible : le fond d’une armoire adossée au mur mitoyen, l’angle de plafond du couloir, la cloison de la chambre voisine. Une salle de bain impeccable et une tache dans la chambre d’à côté forment un ensemble parfaitement cohérent.

C’est aussi pourquoi il vaut mieux ne pas laisser courir : les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé sur l’humidité et les moisissures associent une humidité intérieure persistante et les moisissures à des symptômes respiratoires, et dans une pièce qui ne montre rien, cette humidité peut durer très longtemps sans que rien n’oblige à la regarder.

Ici, « aérer » ne veut rien dire

Le vocabulaire mérite d’être remis d’aplomb, parce qu’il commande les réflexes.

  • L’aération — ouvrir quelques minutes — n’a plus d’objet ici : il n’y a rien à ouvrir.
  • La ventilation mécanique est la famille technique qui reste : un ventilateur met l’air en mouvement à la place du vent et du tirage.
  • La VMC, ventilación mecánica controlada, est l’installation à l’échelle du logement, continue et à faible débit.
  • Le renouvellement d’air est le résultat, le seul qui compte, et il s’obtient avec ou sans VMC.

Ce que vous trouverez dans un appartement catalan existant peut donc être tout autre chose qu’une VMC : un extracteur individuel raccordé à un conduit vertical partagé — un shunt — ou une bouche qui débouche dans un puits de lumière. L’objectif visé, lui, ne change pas.

Un point évite bien des malentendus avec un installateur : les textes français qui organisent la ventilation des logements ne régissent pas un appartement situé en Catalogne. Ce qui s’y applique, c’est le Code technique espagnol, dont le DB-HS3 traite précisément de l’air intérieur du logement. Une classification française n’y sera pas reconnue ; la description de la pièce, du passage d’air et du conduit, si.

Le détalonnage, ou ce qu’une rénovation supprime sans le dire

La mesure la plus importante d’une salle de bain aveugle ne figure sur aucune fiche produit : c’est le jeu qui subsiste entre le bas du vantail et le sol fini, porte fermée, vu depuis l’intérieur. Ce qui le fait disparaître est toujours petit, et toujours banal sur un chantier :

  • un parquet ou un carrelage posé sur l’ancien sol sans que la porte soit recoupée : le sol monte, le passage se referme ;
  • une barre de seuil ou un profilé de jonction placé pile sous la porte ;
  • une porte neuve qui ferme mieux que l’ancienne, ou une porte à feuillure qui vient s’appuyer sur tout son pourtour ;
  • un joint bas ou une plinthe automatique posés pour couper les odeurs ou le bruit, c’est-à-dire exactement l’inverse de ce dont une pièce humide a besoin ;
  • un tapis de bain laissé au ras de la porte, qui obstrue le passage au moment précis où la porte se ferme ;
  • une porte coulissante ou à galandage, dont le jeu bas n’est ni franc ni régulier.

Quand il existe une grille de transit, ce qui compte n’est pas la dimension du cadre mais la section libre réelle entre les lames. Une grille décorative aux lames serrées laisse passer une fraction de ce qu’elle paraît offrir, et une grille repeinte en même temps que la porte perd de la section sans que cela se voie.

Reste la partie du chemin située hors de la pièce, qui compte tout autant. L’air qui arrive à cette porte vient d’une chambre ou d’un séjour donnant sur la rue ou sur la cour, et il a traversé le couloir pour y parvenir : chaque porte fermée sur le trajet est une restriction de plus. Dans un appartement ouvert sur une seule façade et équipé de menuiseries très étanches, cet air peut n’exister nulle part — la rénovation a supprimé les infiltrations qui assuraient, sans le dire, une part du renouvellement. L’extracteur va alors chercher son air là où la résistance est la plus faible, et ce peut très bien être un autre conduit d’extraction du même logement : il réimporte de l’air vicié au lieu de renouveler celui de la pièce. La sensation est celle d’un appareil trop faible ; le problème est celui d’un chemin.

Le pati de llum n’est pas l’air libre

Une pièce parfaitement close peut malgré tout dépendre d’une cour intérieure : c’est parfois là que débouche son conduit, et certaines salles de bain sans fenêtre sur rue y possèdent une petite ouverture. À Barcelone, cet espace porte un nom : pati de llum, patio de luces. C’est un puits ouvert sur le ciel, qui traverse toute la hauteur de l’immeuble et n’est bordé que par ses propres façades intérieures. Les plus étroits, qui ne desservent que des pièces humides, tiennent davantage du puits de ventilation que de la cour.

Ce n’est pas de l’air libre. Au fond d’un puits étroit, le soleil arrive peu et le vent presque pas : l’air s’y déplace surtout par différence de température, il monte quand l’intérieur est plus chaud que l’extérieur, et il stagne par temps calme et doux. Le renouvellement existe, mais il est lent. Trois conséquences pratiques :

  • Ouvrir sur un puits n’équivaut pas à ouvrir sur la rue. L’échange est réel mais bien plus lent, et sur la côte catalane l’air qui entre arrive déjà humide une grande partie de l’année, avec des hivers doux et humides et des étés chauds tout aussi humides. Ventiler une pièce aveugle ne consiste pas à y faire entrer de l’air sec : cela consiste à envoyer l’air chargé vers un chemin qui finit hors du bâtiment.
  • Le puits reçoit ce que tout le monde y rejette. Extractions des autres logements, odeurs de cuisine, linge étendu sur les galeries. Une pièce qui prend tout son air au fond d’un puits peut sentir le puits sans que rien ne soit cassé chez vous.
  • Si la salle de bain a un mur sur le puits, c’est sa seule paroi en contact avec l’extérieur. C’est donc là, avant tout autre endroit, que les traces se déclareront.

Ce qui se trouve dans le puits — les grilles, les conduits qui y débouchent, l’état des parois — relève des parties communes. Ce n’est ni un endroit où se pencher, ni quelque chose que l’on prolonge ou que l’on dévie de son côté. Si vous soupçonnez que la sortie de votre conduit y débouche obstruée ou mal finie, la voie est la copropriété, pas l’échelle.

La temporisation pèse plus lourd que le débit

Dans une salle de bain avec fenêtre, le régime d’extraction est une question de confort : on peut toujours ouvrir. Dans une pièce aveugle, le régime est le système, puisque, ventilateur à l’arrêt, le renouvellement est proche de zéro. Ce sont les longues heures d’inoccupation qui pèsent, pas les minutes de douche.

Quand on ferme le robinet, la pièce contient encore de l’eau liquide répartie sur toutes les surfaces : parois de douche, rideau, carrelage, serviettes. Cette eau va s’évaporer pendant des heures, c’est-à-dire charger l’air longtemps après que tout le monde est sorti. Un extracteur commandé par l’interrupteur de la lumière s’arrête précisément au début de ce travail. Une temporisation réglée au minimum transforme un appareil correct en appareil décoratif ; allongée, elle change le comportement de la pièce sans qu’on achète quoi que ce soit — et le réglage est parfois accessible sur le matériel déjà posé.

L’extraction continue à faible débit règle en outre quelque chose que les coups courts ne règlent jamais. Tant qu’elle fonctionne, la pièce reste légèrement en dépression par rapport au reste du logement : l’air y entre et n’en ressort pas, donc ni la vapeur ni les odeurs ne migrent vers le couloir. Dès qu’elle s’arrête, ce sens de circulation disparaît et la pièce se met à exporter son air vers l’appartement.

Ce régime a un coût, et il faut le dire : il prélève en permanence de l’air déjà tempéré, et il s’entend. Sous un hiver méditerranéen doux, la pénalité thermique est plus modeste que sous un climat continental, mais le bruit ne pardonne pas. Un appareil supportable pendant quelques minutes peut devenir invivable en continu, et un extracteur que l’on finit par débrancher laisse la pièce exactement où elle était.

Avant de conclure que l’extracteur est trop faible

C’est la conclusion à laquelle on arrive trop tôt, et la plus coûteuse. Commencez par lire ce que la pièce donne à voir.

Ce que vous constatezCe que cela désigne en premier
Le son du ventilateur monte quand la porte se fermeL’air de compensation manque
La serviette est encore humide le lendemain matinLa durée d’extraction, pas le débit
L’odeur de la pièce s’attarde des heuresL’air ne circule pas : passage ou conduit
Une odeur d’égout au retour d’une absenceUn siphon asséché, pas la ventilation
Des traces à côté, aucune dans la salle de bainLa vapeur sort par la porte et condense ailleurs
Une grille impeccable sur une installation anciennePeu d’air y est passé, sauf si quelqu’un l’a nettoyée

Viennent ensuite les vérifications, de la plus simple à la plus engageante :

  1. Le passage d’air. Porte fermée, jeu bas ou grille de transit réellement libres, tapis écarté.
  2. La durée. Combien de minutes l’extraction continue après votre sortie, lumière éteinte.
  3. La face visible de la grille. Les peluches et la poussière prises entre les lames se nettoient ; ce qui est derrière, non.
  4. La concurrence. Une hotte de cuisine, un sèche-linge à évacuation ou une autre extraction qui fonctionnent en même temps se partagent l’air disponible dans un logement étanche.
  5. L’aval. Après une rénovation avec faux plafond, une gaine souple peut être écrasée, pliée ou débranchée sans que rien ne se voie d’en bas. Regarder le point de rejet depuis l’extérieur est raisonnable ; ouvrir un faux plafond, une trappe ou un conduit collectif ne l’est pas, car cela concerne toute la colonne de l’immeuble.
  6. Les appareils à combustion. S’il y a un chauffe-eau ou une chaudière à gaz dans le logement, l’interaction entre une extraction et un appareil à combustion ne s’évalue pas par essais successifs : cela relève d’un professionnel habilité, et c’est une raison de s’arrêter là.

Quand ces six points sont réglés et que la pièce continue de sécher lentement, alors seulement l’hypothèse d’un appareil sous-dimensionné devient la suivante à examiner — avec ses propres critères. Toute intervention électrique dans une salle de bain, y compris la pose d’un ventilateur en ligne au-dessus d’un faux plafond, relève également d’un professionnel.

Quand l’appartement reste fermé plusieurs mois

Une résidence fermée l’hiver, ou occupée quelques semaines par an, déplace le problème : personne n’est là pour ouvrir quoi que ce soit, et la pièce aveugle est précisément celle qui ne se rattrape pas toute seule. Ce qui aide ne demande aucun matériel.

  • Laisser la porte de la salle de bain ouverte pendant l’absence. Fermée pendant des mois, une pièce humide devient une boîte ; ouverte, elle partage au moins l’air du reste du logement.
  • Ne pas couper l’alimentation d’une extraction continue en partant : si le tableau est coupé, c’est le logement entier qui cesse d’être ventilé.
  • Sortir les serviettes et le linge, et laisser le rideau ou la porte de douche ouverts pour qu’ils sèchent au lieu de rester repliés sur eux-mêmes.
  • Au retour, faire couler un peu d’eau dans tous les siphons avant de conclure quoi que ce soit sur une odeur.

La demi-heure qui suit votre retour est le moment le plus instructif de l’année. Entrez, ne touchez à rien, et notez ce que vous sentez pièce par pièce : une salle de bain aveugle qui a été ventilée en votre absence sent la poussière, une salle de bain qui ne l’a pas été sent le renfermé. Notée deux ou trois fois à des saisons différentes, cette différence en dit plus long sur l’installation que n’importe quelle description faite de mémoire.

Sources

Les affirmations techniques et réglementaires de cette page s’appuient sur les sources ci-dessous.

  1. Documento Básico HS «Salubridad», Código Técnico de la Edificación — Ministerio de Vivienda y Agenda Urbana / Código Técnico de la Edificación
  2. Guia d’aplicació del DB HS 3 — Qualitat de l’aire interior — Col·legi d’Arquitectes de Catalunya
  3. Ventilació mecànica controlada en habitatges — Generalitat de Catalunya — Departament d’Habitatge
  4. WHO Guidelines for Indoor Air Quality: Dampness and Mould — World Health Organization