Après des travaux

Condensation après la pose de fenêtres neuves : le chemin d’air disparu

Vos anciennes menuiseries laissaient passer l’air en permanence, et une partie de la vapeur produite s’en allait avec lui. Les neuves ne laissent plus rien passer. La vapeur, elle, n’a pas changé : ce qui a disparu, c’est son itinéraire de sortie, que personne n’avait dessiné ni calculé. La réponse n’est donc pas de regretter les travaux, mais de remettre une ouverture voulue là où il y avait une fuite.

Dernière révision: Contenu informatif. Il ne remplace ni une inspection technique sur place ni une étude signée par un professionnel compétent.

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Aller à l’étape suivante sans risque

Le trajet prévu : l’air entre par les pièces sèches, traverse le logement et ressort par les pièces humides. Les anciennes menuiseries assuraient la première étape par accident ; les neuves ne la laissent ouverte que si quelqu’un l’a décidé. Le parcours de l’air : il entre par les pièces sèches, traverse le logement et sort par les pièces humides. Pièces sèches Chambre Séjour Couloir Pièces humides Salle de bain Cuisine Air extérieur Détalonnage de porte Extraction
Le trajet prévu : l’air entre par les pièces sèches, traverse le logement et ressort par les pièces humides. Les anciennes menuiseries assuraient la première étape par accident ; les neuves ne la laissent ouverte que si quelqu’un l’a décidé.
  • Air extérieur et surfaces froides
  • Air intérieur, chaud et humide

Deux choses ont changé le jour de la pose, pas une

La condensation apparaît quand l’air intérieur, chargé de vapeur, touche une surface qui se trouve à son point de rosée ou en dessous. Trois facteurs jouent ensemble, jamais un seul : la vapeur que produit le foyer, l’air qui se renouvelle et l’emporte, et la température des surfaces les plus froides. Le mécanisme complet a sa propre page ; ce qui compte ici, c’est ce que la pose a fait à chacun des trois.

Sur le premier, rien du tout : personne ne prend davantage de douches parce que les fenêtres sont neuves. Sur le troisième, une amélioration réelle, puisqu’un vitrage isolant et un profilé à rupture de pont thermique donnent des surfaces intérieures plus chaudes, donc plus difficiles à mouiller. Sur le deuxième, une chute brutale. Et c’est là que tout se joue.

Rien n’a donc été ajouté au logement : quelque chose lui a été retiré, et ce quelque chose était une sortie. Reste à savoir laquelle, et par quoi la remplacer.

Une vieille fenêtre ne ventilait pas, elle fuyait

Une menuiserie ancienne ne manquait pas d’étanchéité en un point : elle en manquait en plusieurs à la fois.

  • le joint périphérique entre ouvrant et dormant, durci, écrasé ou depuis longtemps disparu ;
  • les brosses d’un coulissant, une corredera, aplaties par des années d’usage ;
  • le joint de mortier entre le dormant et la maçonnerie, fissuré et ouvert ;
  • le coffre du volet roulant, la caja de persiana, caixa de persiana en catalan : il communique avec l’extérieur au passage de la sangle, et la trappe côté pièce n’est pas une barrière à l’air ;
  • un ouvrant en bois qui a travaillé et ne porte plus à plat sur sa feuillure.

Par toutes ces voies à la fois, l’air entrait et sortait sans interruption, poussé par le vent sur la façade et par l’écart de température entre le dedans et le dehors. Ce débit ne figurait sur aucun document et personne ne l’avait dimensionné. Mais il fonctionnait la nuit, portes fermées, et il fonctionnait aussi quand le logement était vide : exactement les heures où une chambre close en a le plus besoin.

Ce débit n’est pas pour autant une perte à pleurer comme on pleurerait une ventilation. Il arrivait là où les joints avaient lâché, pas là où l’on voulait de l’air. Il était fort les jours de vent et presque nul les jours calmes. Impossible de le réduire les jours de grand froid, et chaque mètre cube qu’il emportait avait été chauffé à vos frais.

Une fenêtre neuve qui ne laisse plus passer l’air ne présente donc aucun défaut : elle fait exactement ce pour quoi elle a été payée, et le silence, la fin du filet d’air froid le long du mur et la baisse de consommation restent acquis. Ce qui manque n’est pas dans la fenêtre. C’est le geste qui aurait dû l’accompagner.

La vapeur produite, elle, n’a pas bougé d’un litre

Un logement fabrique de l’eau tous les jours, et aucune vie quotidienne n’y échappe : les douches, les casseroles, le lave-linge, le linge qui sèche à l’intérieur, les plantes, la respiration de ceux qui habitent là. Une partie de cette eau partait autrefois en continu par les défauts d’étanchéité. Elle reste maintenant à l’intérieur et circule jusqu’à rencontrer la première surface assez froide pour qu’elle s’y dépose.

Laquelle ? Cela dépend du logement, et les candidates se reconnaissent :

  • les tableaux et l’appui de la fenêtre elle-même, là où le mur reste plus froid que le reste de la pièce ;
  • le mur donnant sur le patio de luces, pati de llum, la courette intérieure partagée avec les étages du dessus et du dessous, où le soleil n’entre guère et où l’air ne bouge presque pas ;
  • l’angle derrière une armoire poussée contre un mur de façade ;
  • la chambre d’un logement mono-orienté, ouvert sur une seule façade, dont la porte reste fermée huit heures d’affilée.

Un réflexe importé d’un autre climat se retourne ici. Sur la côte catalane, l’hiver est doux et humide : l’air extérieur n’y est presque jamais très froid, et son pouvoir asséchant est donc plus faible que sous un hiver continental. L’aération n’en devient pas inutile, elle reste le geste le plus efficace et le moins cher, mais elle doit être franche et courte, fenêtres et portes intérieures grandes ouvertes, plutôt qu’un entrebâillement toute la journée qui refroidit les murs sans rien renouveler.

Et si le logement n’est occupé que quelques semaines par an ?

Une résidence fermée d’octobre à Pâques ne produit presque pas de vapeur, mais elle ne se renouvelle plus du tout : il n’y a plus personne pour ouvrir, et il n’y a plus de fuite pour compenser. L’humidité qui subsiste, celle de l’air enfermé et celle qu’apporte un épisode de pluie, tourne en circuit fermé dans un logement froid. Quelques précautions s’imposent avant de fermer : laisser les portes intérieures ouvertes, ne pas obturer les entrées d’air ni les grilles, ne pas laisser de textile humide. Et aérer largement en arrivant, avant de juger de l’odeur. Après des mois de fermeture, un logement parfaitement étanche n’a aucun moyen de se sécher seul.

Le vitrage neuf s’embue moins, et c’est justement le piège

Voici le retournement qui rend ce problème plus difficile à repérer que celui qu’il remplace. Le verre neuf est plus chaud que l’ancien : il s’embue moins, parfois plus du tout. Cela ressemble à un progrès, et c’en est un pour la menuiserie. Mais si la vapeur n’a toujours pas de sortie, le point le plus froid du logement devient simplement autre chose : un angle de mur, un pilier non isolé, la cloison qui donne sur la courette.

L’eau qui se dépose là est une bien plus mauvaise nouvelle que l’eau sur un vitrage. Personne ne l’essuie, elle passe inaperçue jusqu’à la tache, et le logement ne vous adresse plus chaque matin, au petit-déjeuner, l’avertissement gratuit qu’il vous donnait jusque-là.

C’est ce qui fait dire que les fenêtres neuves donnent de la moisissure. La chronologie est juste, le mécanisme est faux : les fenêtres n’ont pas produit un gramme d’eau. Elles ont supprimé le trajet accidentel qui l’emportait, et fait taire la surface qui servait de témoin.

Rétablir le renouvellement d’air, dans le bon ordre

Un repère pour un lecteur venu de France : ni l’arrêté de 1982, ni la RE2020, ni les DTU ne régissent un logement situé en Catalogne. Le texte applicable est le Código Técnico de la Edificación, et c’est son document DB-HS3, consacré à la qualité de l’air intérieur, qui décrit le trajet prévu pour l’air dans un logement : admission dans les pièces sèches, chambres et séjour, traversée du logement par des passages intérieurs, extraction dans les pièces humides, salle de bains et cuisine, puis sortie. Le même document demande en outre, dans la cuisine, une extraction spécifique pour les fumées de cuisson, distincte de la ventilation générale du logement.

Les anciennes menuiseries assuraient la première étape par accident. La rétablir volontairement demande de suivre un ordre, et cet ordre compte davantage que le budget.

Dans l’ordreConcrètementÀ qui cela revient
1. Les habitudesCouvrir les casseroles, laisser la hotte tourner après la cuisson, ne pas faire sécher le linge dans une chambre fermée, aérer franchement le matin portes ouvertesVous, sans rien dépenser
2. Le chemin intérieur et les entrées d’airJeu sous les portes ou grilles de transfert ; aireador dans la menuiserie ou le précadre, grille dans le coffre de volet, entrée d’air muraleVous pour les portes, le poseur pour la menuiserie, la copropriété pour tout percement
3. Une extraction qui extrait vraimentSalle de bains et cuisine, retirer la vapeur là où elle naît, avec de l’air capable d’arriver jusqu’à la pièceUn professionnel ; on n’ouvre jamais un conduit collectif de son propre chef
4. Un système planifiéUn renouvellement continu qui ne dépend plus de qui est à la maison ni du vent qu’il faitUn technicien compétent, avec le logement sous les yeux

Deux choses coincent à la deuxième étape. La première est un problème de mot : si vos réflexes de chantier viennent de France, vous attendez peut-être que des menuiseries neuves arrivent avec leurs entrées d’air en traverse haute, comme un accessoire évident du lot. Ici, l’entrée d’air porte un autre nom, et un devis construit autour du profilé, du vitrage et de la quincaillerie peut très bien n’en mentionner aucune. En ajouter après coup dépend du modèle ; quand le profilé ne s’y prête pas, restent la grille dans le coffre de volet et l’entrée d’air murale, dont certaines s’ouvrent et se ferment selon l’humidité de l’air.

La seconde est que rien de tout cela n’est du bricolage de week-end. Percer une façade ou un mur de courette touche aux parties communes de l’immeuble et se décide avec la comunidad de propietarios, la copropriété, jamais seul ; modifier un profilé peut affecter son étanchéité et sa garantie, et se décide avec le poseur. Quant aux conduits verticaux partagés, les shunts qui desservent les salles de bains et les cuisines superposées, on ne les ouvre pas et on ne s’y raccorde pas de son propre chef.

À la troisième étape, la panne peut être plus discrète. Un extracteur ne peut sortir l’air d’une pièce que si de l’air peut y entrer par ailleurs, et une porte de salle de bains ajustée au ras d’un sol neuf, sans jeu ni grille de transfert, est une cause facile à manquer quand un extracteur semble ne rien faire. Le guide d’application publié par le collège d’architectes de Catalogne traite ces passages de transit comme une partie de l’installation, pas comme un détail de menuiserie intérieure. La feuille de papier peut indiquer que le passage d’air mérite d’être vérifié en premier, mais elle ne mesure pas le débit et n’exclut pas un problème de gaine ou de pression.

Faute d’entrée d’air dédiée, l’extraction va d’ailleurs chercher son air là où elle en trouve : des odeurs de cuisine venues de la cage d’escalier ou du conduit en sont le symptôme.

La quatrième étape est celle de la ventilation mécanique contrôlée, la ventilación mecánica controlada dont le guide de la Generalitat de Catalunya décrit l’usage en logement. Le vocabulaire français s’y transpose sans mal, simple flux, double flux, hygroréglable, mais le choix ne se tranche pas à distance et fait l’objet d’une page à part. Ce qui compte ici, c’est la place dans l’ordre : on y arrive après avoir ouvert le chemin intérieur, jamais avant. Un système installé derrière des portes qui ne laissent pas passer l’air rencontre le même problème, avec une facture en plus.

Le même piège en plus grand : la rénovation lourde

Les fenêtres constituent le cas le plus net, parce qu’elles portent une date. La même chose se produit à plus grande échelle, et de manière moins repérable, quand une reforma integral améliore l’enveloppe sans que personne ne redessine le trajet de l’air. Chaque poste referme une fuite, et ils arrivent ensemble :

  • les menuiseries neuves mettent fin à l’infiltration décrite plus haut ;
  • le coffre de volet isolé et calfeutré referme l’autre ouverture qui était là depuis toujours ;
  • l’isolation par l’intérieur double le mur de façade, et si les tableaux, les angles et les piliers restent nus, le point froid se concentre exactement là, c’est-à-dire là où les taches apparaîtront ;
  • le sol neuf posé par-dessus l’ancien remonte le niveau sous les portes existantes et supprime le détalonnage qui faisait passer l’air d’une pièce à l’autre. Personne ne décide cela : cela arrive tout seul.

Les changements de plan poussent dans le même sens. Une salle de bains déplacée vers le cœur du logement perd la fenêtre par laquelle elle se ventilait. Et quand une galería, la galerie vitrée qui prolonge certaines cuisines, est absorbée dans le séjour, le séchage du linge entre avec elle : chaque litre d’eau s’évapore désormais dans l’air du logement.

Aucune de ces décisions n’est chère au bon moment. Une entrée d’air se décide avant de commander les menuiseries ; un conduit passe tant que le faux plafond est ouvert ; un détalonnage se règle avant la pose du sol. Toutes deviennent chères une fois les travaux terminés et les murs repeints. Et lorsqu’une rénovation entre dans le champ du DB-HS3, le trajet de l’air cesse d’être une bonne idée pour devenir une pièce que le projet doit justifier : c’est à l’auteur technique du projet d’en juger, pas au catalogue du menuisier.

Quand les fenêtres n’expliquent rien

Ce récit ne tient que si la chronologie colle vraiment : rien avant les travaux, quelque chose après. Certains signes désignent un autre mécanisme, et les forcer dans cette histoire fait perdre des mois :

  • une humidité antérieure aux travaux, même discrète à l’époque ;
  • des taches qui ne sèchent jamais, ni pendant une période sèche ni en été ;
  • une humidité basse sur le mur, qui monte depuis le sol au lieu de descendre d’un angle ;
  • des marques qui apparaissent ou s’étendent seulement après la pluie ou un coup de mer ;
  • une humidité juste sous une salle de bains de l’étage supérieur, ou le long d’une colonne de chute.

Infiltrations, remontées capillaires et pénétrations d’eau de pluie sont des mécanismes différents, avec des remèdes différents, et ils ne se distinguent pas de façon fiable sans une inspection sur place. Insister sur la ventilation quand le problème est une fuite ne fait qu’aggraver les dégâts. Et lorsqu’une humidité persistante a déjà produit de la moisissure visible, mieux vaut ne pas s’y habituer : les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé sur l’humidité et les moisissures relient l’humidité intérieure persistante et les moisissures à des symptômes respiratoires.

Les mots à chercher sur le devis

Ressortez le devis de la pose, le presupuesto, ou le bon de livraison, l’albarán, et relisez-le avec ce vocabulaire en main. Si aucun de ces mots n’y figure, l’étape d’admission n’a tout simplement jamais fait partie du lot. Ce n’est pas un reproche à adresser au poseur : c’est le point de départ de la conversation à avoir avec lui.

Ce que vous diriez en FranceLe mot iciCe que c’est
Entrée d’air de menuiserieaireador, airejadorL’ouverture d’admission en traverse haute ou dans le dormant
Précadrepremarco, premarcLe cadre scellé dans la baie, qui peut parfois loger une entrée d’air
Coffre de volet roulantcaja de persiana, caixa de persianaLe caisson au-dessus de la fenêtre, ouvert au passage de la sangle
Position entrebâillée, microventilationmicroventilaciónUn réglage utile, mais pas une entrée d’air conçue pour cela
Grille de transfert, détalonnagerejilla de paso, holgura bajo la puertaLe passage sans lequel l’extraction n’a pas d’air à tirer
Conduit collectifshuntLe conduit vertical partagé, auquel on ne touche pas seul
Copropriétécomunidad de propietarios, comunitat de propietarisQui décide de tout percement en façade ou en courette

Ces quelques mots suffisent à transformer « il y a de l’humidité depuis les travaux » en une demande claire, portant sur un point précis du logement. C’est exactement ce dont aura besoin quiconque devra ensuite l’évaluer sur place.

Sources

Les affirmations techniques et réglementaires de cette page s’appuient sur les sources ci-dessous.

  1. Documento Básico HS «Salubridad», Código Técnico de la Edificación — Ministerio de Vivienda y Agenda Urbana / Código Técnico de la Edificación
  2. Guia d’aplicació del DB HS 3 — Qualitat de l’aire interior — Col·legi d’Arquitectes de Catalunya
  3. Ventilació mecànica controlada en habitatges — Generalitat de Catalunya — Departament d’Habitatge
  4. WHO Guidelines for Indoor Air Quality: Dampness and Mould — World Health Organization