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Ventilation ou climatisation : la climatisation ne renouvelle pas l’air

Un climatiseur mural aspire l’air de la pièce, le refroidit et le renvoie dans la même pièce. Entre l’unité intérieure et le groupe extérieur, ce qui circule, c’est du fluide frigorigène : aucun mètre cube ne vient du dehors. Renouveler l’air d’un logement est une autre opération, celle de la ventilation. Cette page trace la frontière entre les deux et s’arrête là où commence le circuit frigorifique.

Dernière révision: Contenu informatif. Il ne remplace ni une inspection technique sur place ni une étude signée par un professionnel compétent.

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Aller à l’étape suivante sans risque

L’unité intérieure reprend l’air de la pièce et le lui rend refroidi. Entre les deux unités ne passe que du fluide frigorigène : par ce chemin, aucun air extérieur n’entre dans le logement. Un climatiseur domestique classique recycle l’air de la pièce : il n’apporte pas d’air extérieur. Aucun air extérieur n’entre Pièce Unité intérieure Le même air intérieur Unité extérieure Seul le fluide
L’unité intérieure reprend l’air de la pièce et le lui rend refroidi. Entre les deux unités ne passe que du fluide frigorigène : par ce chemin, aucun air extérieur n’entre dans le logement.
  • Air extérieur et surfaces froides
  • Air intérieur, chaud et humide

Non : par le climatiseur, rien n’entre du dehors

Un split, ce sont deux boîtes : l’unité intérieure accrochée au mur de la pièce, le groupe extérieur posé sur le balcon ou dans la cour intérieure. Entre les deux, l’air ne circule jamais. L’unité intérieure aspire l’air de la pièce, le fait passer sur une batterie froide et le renvoie dans cette même pièce. Ce qui ressort, c’est ce qui est entré : la vapeur de la douche de tout à l’heure, l’odeur du repas, le CO₂ des personnes assises là, le tout à quelques degrés de moins.

D’où une situation banale en juillet : l’appartement est agréable, et son air est exactement celui d’il y a trois heures. Le confort thermique et le renouvellement d’air sont deux grandeurs indépendantes, que l’on confond parce qu’elles agissent toutes les deux sur la sensation.

Le Code technique espagnol, lui, ne les confond pas. La ventilation d’un logement y est un équipement à part entière, avec un trajet d’air prévu — admission dans les pièces sèches, traversée du logement, extraction dans les pièces humides — et une extraction spécifique en cuisine pour les fumées de cuisson. Aucun appareil de climatisation ne parcourt ce trajet.

Deux tubes de cuivre, un câble et un tuyau de condensats

Ce qui traverse réellement le mur se compte sur les doigts d’une main : deux liaisons frigorifiques en cuivre où circule un fluide en circuit fermé, un câble d’alimentation et de commande, et l’évacuation des condensats — ce goutte-à-goutte que l’on voit tomber dans les cours intérieures en plein mois d’août. Le fluide prend de la chaleur à l’intérieur, la cède dehors, revient : ce qui franchit la façade, c’est de la chaleur, pas de l’air.

Une nuance nourrit la confusion. Certains systèmes gainables, et beaucoup d’équipements conçus pour les bureaux et les commerces, comportent une prise d’air neuf raccordée à la reprise. Quand elle existe, ce n’est pas une vertu de la climatisation : c’est un équipement de ventilation ajouté à l’installation, avec son conduit, sa grille en façade et son débit. Un split mural n’en a pas : son unique percement de façade sert aux liaisons et au condensat.

Pourquoi l’illusion résiste : froid, sec, et un bouton qui dit « ventilation »

Trois choses entretiennent cette confusion, et elles se cumulent.

La sensation. L’air soufflé est plus froid et, tant que la machine refroidit, plus sec. Dans un air froid et sec, les odeurs se perçoivent moins et l’impression d’étouffer s’efface. La gêne s’en va ; sa cause reste.

Les mots. En français courant, « air frais » désigne aussi bien de l’air froid que de l’air neuf, et le même glissement existe en castillan et en catalan. Le vocabulaire précis règle la question : aérer, c’est ouvrir quelques minutes ; ventiler, c’est remplacer l’air en continu et à dessein ; climatiser, c’est traiter la température.

La télécommande. Quand elle propose un mode « ventilation » — « ventilador » sur un appareil acheté en Espagne —, ce mode arrête le compresseur et ne laisse tourner que le ventilateur de l’unité intérieure : il brasse l’air de la pièce, plus vite, et rien d’autre. Ce mode ne va pas chercher un litre d’air dehors. Il en va de même des filtres, ioniseurs et traitements annoncés sur la face avant de l’appareil : ils travaillent sur l’air de la pièce, celui qui repasse devant eux en boucle.

Ce que la climatisation fait très bien, et qu’il faut lui reconnaître

Cette page ne plaide pas contre la climatisation. La climatisation fait trois choses qu’aucune ouverture de fenêtre ne fera un après-midi de canicule.

  • Elle fait baisser la température. La ventilation ne rafraîchit que si l’air extérieur est plus frais que l’air intérieur, ce qui, sur la côte catalane, n’est pas le cas l’après-midi en plein été.
  • Elle assèche pendant qu’elle refroidit. La vapeur d’eau se condense sur la batterie froide et part par l’évacuation. C’est un effet secondaire du refroidissement : un appareil qui ne refroidit pas n’assèche presque pas, et les modes de déshumidification refroidissent eux aussi la batterie. En plein été méditerranéen, chaud et humide, cette part-là compte autant que les degrés dans la sensation de confort.
  • Elle retient une partie des poussières de l’air qu’elle recycle, par le filtre de l’unité intérieure, à condition qu’il soit propre.

Déshumidifier n’est pas renouveler non plus : cette comparaison-là a sa page. Le partage se lit surtout dans ce que l’on constate chez soi :

Ce que vous constatezLe vrai levierCe qui agit dessus
Il fait trop chaud, l’air n’est pas lourdTempératureLa climatisation
L’air est lourd, la température est bonneRenouvellementExtraction, entrées d’air, ouverture
Air moite, linge qui sèche malHumidité de l’airRefroidissement, ou déshumidificateur

Ce que la climatisation ne fera jamais, même en tournant toute la journée

Le CO₂. Il s’accumule parce que des personnes respirent dans un volume fermé, et la seule façon de le faire baisser est de remplacer de l’air par de l’air extérieur. Un circuit qui recycle n’en retire rien. C’est l’indicateur le plus honnête de ce que la climatisation ne fait pas.

Les odeurs et la vapeur, là où elles naissent. Une douche et une friture produisent humidité et odeurs en des points très précis du logement. Il faut les évacuer là, par l’extraction de la pièce humide, avant qu’elles ne se répartissent partout — le Code technique le demande d’ailleurs deux fois : une ventilation générale du logement, et une extraction spécifique aux fumées de cuisson. Refroidir le séjour n’a rien à voir avec cela.

L’eau déjà présente dans le logement. La climatisation abaisse l’humidité relative pendant qu’elle tourne, mais elle n’explique pas d’où vient cette eau. Si des condensations reviennent chaque hiver et que des moisissures apparaissent, il faut regarder la quantité de vapeur produite, la manière dont elle est évacuée et les surfaces les plus froides. L’Organisation mondiale de la santé relie l’humidité et les moisissures persistantes à l’intérieur d’un logement à des symptômes respiratoires : raison suffisante pour ne pas masquer le problème à coups de degrés.

Le cas de la résidence fermée que l’on rouvre en juillet

Volets tirés et fenêtres closes depuis des mois, menuiseries changées et bien plus étanches que les anciennes. On arrive, l’air sent le renfermé, on met la climatisation ; une heure plus tard la température est parfaite et l’odeur s’est estompée. Pourtant rien n’a été renouvelé : c’est le même air, quelques degrés plus bas.

Le geste utile est le premier, à l’arrivée : ouvrir en grand avant de brancher quoi que ce soit. Et pendant les mois de fermeture, personne n’est là pour ouvrir une fenêtre — c’est précisément là que le trajet d’air prévu doit tenir tout seul.

Le cadre espagnol, et le point exact où ce site s’arrête

Un propriétaire français arrive avec ses réflexes : chercher la VMC, puis le texte qui l’impose. En Catalogne, les références sont espagnoles. Le CTE DB-HS 3, « Calidad del aire interior », fixe ce que le logement doit atteindre en matière d’air intérieur ; le RITE, Real Decreto 1027/2007 et ses modifications, couvre les installations thermiques fixes, ventilation et climatisation comprises, avec leurs obligations de conception, d’entretien et d’inspection. Et les entreprises qui y réalisent des travaux relevant du RITE doivent être inscrites au registre des agents de la sécurité industrielle.

Sur la climatisation elle-même, la frontière se dit une fois et une seule. Tout ce qui touche au circuit frigorifique — charge, recherche de fuite, réparation, mise hors service — est une activité certifiée : le Real Decreto 115/2017 et le cadre européen sur les gaz fluorés exigent une certification des personnes et des entreprises qui interviennent. Ce site est informatif et n’installe, ne conçoit ni n’entretient aucune de ces installations. Il n’explique la climatisation que dans la mesure où cela éclaire la ventilation, et s’arrête exactement là.

Visiter un logement catalan qui affiche « aire acondicionado »

Les annonces et les fiches d’équipement emploient un vocabulaire qu’il vaut mieux traduire avant de conclure quoi que ce soit :

  • « Aire acondicionado por conductos » : gainable. L’air arrive par des grilles au plafond, ce qui ressemble beaucoup à une ventilation. Ce n’en est une que si une prise d’air extérieur a été prévue et posée, et cela se lit dans la documentation de l’installation, pas sur la grille.
  • « Preinstalación de aire » : les percements, les liaisons et parfois l’emplacement extérieur, sans machine. Aucun rapport avec la ventilation.
  • « Bomba de calor » : la climatisation réversible. Elle chauffe et refroidit le même air intérieur ; seul le sens du transfert de chaleur change.
  • « Ventilación mecánica » : là, on parle enfin de l’autre fonction. Les questions deviennent alors : quelles pièces sont extraites, par où l’air neuf entre-t-il, et où l’extraction aboutit-elle ?

Pendant la visite, quatre observations valent tous les descriptifs : une bouche d’extraction dans la salle de bain et dans la cuisine, ni peinte ni obstruée ; une extraction de cuisine distincte de la ventilation générale ; un passage d’air sous les portes intérieures, ou des grilles de transfert, sans quoi aucun extracteur ne tirera ; et la destination de cette extraction — façade, toiture, ou conduit vertical collectif, le shunt partagé avec les étages voisins.

Ce dernier point mérite d’être posé tôt, car il ne dépend pas de l’appartement : un conduit collectif relève des parties communes de l’immeuble, et ce que l’on peut y faire se décide en copropriété. Un logement où l’air dispose d’un chemin praticable mais qui n’a pas de climatisation pose une question d’appareil. L’inverse — trois splits et aucun chemin d’air — pose une question de conduits et d’immeuble, autrement plus longue à traiter.

Sources

Les affirmations techniques et réglementaires de cette page s’appuient sur les sources ci-dessous.

  1. Real Decreto 115/2017, gases fluorados de efecto invernadero — Boletín Oficial del Estado
  2. Regulation (EU) 2024/573 on fluorinated greenhouse gases — Official Journal of the European Union / EUR-Lex
  3. Documento Básico HS «Salubridad», Código Técnico de la Edificación — Ministerio de Vivienda y Agenda Urbana / Código Técnico de la Edificación
  4. Reglamento de Instalaciones Térmicas en los Edificios (RD 1027/2007, texto consolidado) — Boletín Oficial del Estado
  5. WHO Guidelines for Indoor Air Quality: Dampness and Mould — World Health Organization